Idées de lecture : quel roman choisir selon vos envies ?

Pourquoi aime-t-on autant les romans à suspense ?

On aime autant le roman à suspense parce qu'il nous offre le frisson de l'attente sans aucun danger réel : une question est posée dès les premières pages, un personnage auquel on s'attache est menacé, et chaque chapitre promet une réponse tout en la retardant. Ce mélange d'inquiétude et de curiosité, que l'on peut interrompre à tout moment en refermant le livre, procure un plaisir très particulier, celui d'avoir peur pour quelqu'un tout en restant bien au chaud. Le suspense repose sur des mécanismes précis, que le cinéaste Alfred Hitchcock a résumés avec l'image célèbre d'une bombe cachée sous une table, et que les grandes romancières du genre, d'Agatha Christie à Daphne du Maurier, ont portés à leur perfection. Voici ce qui se passe en nous quand nous tournons les pages, quels classiques lire pour le ressentir pleinement, et comment le suspense psychologique nourrit un drame comme Black-out.

Roman à suspense : le plaisir d'avoir peur sans danger

Le mot « suspense » dit presque tout de l'expérience qu'il désigne : il vient du latin qui signifie « suspendre », et c'est bien ainsi que l'on se sent quand un livre nous tient, suspendue entre ce que l'on sait et ce que l'on redoute, incapable de poser le livre avant la page suivante. Cette sensation est aussi ancienne que les histoires elles-mêmes. Dans Les Mille et Une Nuits, Shéhérazade sauve sa vie en interrompant chaque soir son récit au moment le plus captivant, pour que le sultan ait envie d'entendre la suite le lendemain ; elle invente, en quelque sorte, le chapitre qui s'arrête au bon moment. Si vous aimez ce frisson, vous trouverez dans la rubrique idées de lecture et romans à suspense de quoi nourrir vos soirées. Mais pourquoi aimons-nous tant nous inquiéter pour des êtres qui n'existent pas ? Une première réponse tient à la sécurité du lecteur. Dans la vie, l'incertitude est souvent pénible : attendre un résultat médical, une décision importante, un appel qui ne vient pas. Dans un roman, cette même incertitude devient un jeu, parce que nous gardons le contrôle : nous pouvons refermer le livre, sauter une page, revenir au chapitre précédent. Nous vivons l'angoisse en toute liberté. Aristote parlait déjà, à propos de la tragédie, d'une purgation des émotions, la fameuse catharsis : en éprouvant la crainte et la pitié devant une scène, le spectateur s'en trouverait en quelque sorte allégé. Sans prétendre que la lecture guérisse de quoi que ce soit, on peut constater que beaucoup de lectrices aiment les romans à suspense pour cette raison : ils offrent un espace où l'on éprouve des émotions fortes sans en payer le prix. Une deuxième réponse tient à l'attachement. Il n'y a pas de suspense sans personnage que l'on aime ; une menace qui pèse sur un inconnu nous laisse indifférents, tandis qu'une porte qui grince derrière une héroïne que l'on connaît depuis cent pages nous fait retenir notre souffle. Une troisième, enfin, tient à notre goût irrépressible pour les réponses. Une question laissée ouverte travaille en nous, nous poursuit, nous ramène au livre. Le roman à suspense exploite cette faim avec art : il pose une question, en ajoute une autre, en résout une troisième pour mieux relancer la première, et nous voilà pris dans une spirale de promesses dont la seule issue est la dernière page. Ce n'est pas un hasard si tant de lectrices réservent ces livres aux vacances, aux longs trajets en train ou aux week-ends d'hiver : ils demandent du temps devant soi, parce qu'on sait d'avance qu'on aura du mal à les reposer.

La courbe de tension d'un roman à suspensetensionQuestion poséeFausse pisteAccélérationRévélationun creux trompeurfil des pages
Un roman à suspense fait monter la tension par vagues, avec des creux trompeurs, jusqu'à la révélation qui la libère.

Suspense ou surprise : la leçon de la bombe sous la table

La meilleure explication du suspense ne vient pas d'un romancier mais d'un cinéaste, et elle vaut pour tous les récits, y compris le thriller psychologique, qui en a fait son terrain de jeu favori. Dans ses longs entretiens avec François Truffaut, Alfred Hitchcock distingue la surprise du suspense à l'aide d'un exemple resté fameux. Deux personnes discutent tranquillement autour d'une table ; soudain, une bombe cachée dessous explose. Le public est surpris, pendant quelques secondes. Reprenons maintenant la même scène, mais en montrant d'abord la bombe au spectateur, et l'horloge qui indique qu'elle explosera dans un quart d'heure. La conversation, pourtant banale, devient insoutenable : on voudrait crier aux personnages de partir, on guette chaque minute. La surprise dure un instant ; le suspense, lui, occupe tout le temps de l'attente. Toute la différence tient à ce que sait le lecteur. Dans le suspense, nous en savons souvent plus que les personnages, ou du moins nous pressentons un danger qu'ils ignorent, et cette avance nous rend complices et impuissants à la fois. Les narratologues parlent d'ironie dramatique pour désigner cette situation où le public connaît une vérité qui échappe au héros. Un romancier peut jouer de mille façons avec ce décalage : nous montrer le point de vue du menaçant avant de revenir à celui de la menacée, glisser un détail inquiétant que l'héroïne ne remarque pas, faire lire une lettre que son destinataire n'ouvrira que cinquante pages plus tard. Imaginons une scène : une femme rentre chez elle un soir de pluie, pose ses clés, allume la lumière de la cuisine. Racontée ainsi, la scène est paisible. Mais si le chapitre précédent nous a appris que quelqu'un possède un double de ses clés, chaque geste ordinaire devient une source d'angoisse : la bouilloire qui chauffe, le craquement du parquet, le reflet dans la vitre. Rien n'a changé dans la scène elle-même ; seule notre connaissance a changé, et c'est elle qui fabrique le frisson. Le suspense n'exclut pas la surprise, bien sûr, et les meilleurs romans les combinent : ils nous font attendre un danger que nous croyons connaître, puis le détournent vers une révélation que nous n'avions pas vue venir. Ce double mouvement, attente et renversement, explique pourquoi certains livres nous laissent à la fois comblés et stupéfaits, avec l'envie immédiate d'en parler à quelqu'un. La prochaine fois qu'un livre vous fera trembler, demandez-vous simplement ce que vous saviez que l'héroïne ignorait : vous tiendrez là, presque toujours, la source de votre frisson.

Livre à suspense ouvert sur un bureau en bois, une page qui se soulève, signet bordeaux et fleurs séchées
Comme la bombe cachée sous la table chez Hitchcock, la page encore suspendue nous en dit assez pour que l'attente devienne délicieuse.

Les mécanismes secrets d'un roman à suspense

Derrière le frisson se cachent des mécanismes que les romanciers manient avec une précision d'horloger, et qui varient selon les genres, comme je l'explique dans l'article sur la différence entre thriller, polar et roman noir. Le chercheur Raphaël Baroni, qui a consacré un ouvrage à la tension narrative, distingue deux grandes sources d'attente : le suspense proprement dit, qui nous fait nous demander ce qui va arriver, et la curiosité, qui nous pousse à chercher ce qui s'est déjà passé. Le polar d'enquête joue surtout sur la curiosité, avec son crime à élucider ; le thriller mise davantage sur le suspense, avec sa menace à venir ; les romans les plus prenants mêlent les deux. Parmi les outils les plus efficaces figure d'abord la question dramatique, posée tôt et clairement : qui a fait cela, l'héroïne va-t-elle s'en sortir, que cache cette maison. Vient ensuite l'horloge, ce compte à rebours plus ou moins visible qui donne une limite au danger : un départ fixé, une date butoir, un délai avant que la vérité n'éclate. Les chapitres courts, qui se terminent sur une phrase en suspens, forment le fameux cliffhanger, du nom de ces feuilletons où le héros restait accroché à une falaise jusqu'à l'épisode suivant. L'alternance des points de vue permet de quitter un personnage au pire moment pour rejoindre un autre, laissant la première question sans réponse. Les fausses pistes, enfin, orientent nos soupçons dans la mauvaise direction, pour que la révélation finale nous prenne à revers. Le rythme joue aussi un rôle décisif : un bon roman à suspense ménage des respirations, des scènes plus calmes où l'on reprend son souffle, parce qu'une tension constante finit par lasser. C'est le contraste entre le calme et l'orage qui rend l'orage saisissant. On pourrait croire que connaître ces ficelles gâcherait le plaisir ; c'est l'inverse qui se produit souvent. Savoir qu'un chapitre se termine sur un cliffhanger ne nous empêche pas d'y succomber, pas plus que connaître la recette d'un gâteau n'empêche de le trouver délicieux. On apprend simplement à apprécier le talent de l'auteur, à sourire quand il nous mène en bateau, et à reconnaître les livres dont la construction est si fine qu'elle reste invisible jusqu'au bout. Ce regard complice fait de la lecture un dialogue : l'auteur tend ses pièges, vous tentez de les éviter, et le plaisir naît de cette partie d'échecs silencieuse.

à suivre...
Au bord de la page comme au bord d'une falaise, le personnage reste suspendu, et la main du lecteur tourne déjà le coin du chapitre suivant.

Les grands romans à suspense à lire au moins une fois

Pour ressentir pleinement ce plaisir, rien ne vaut les classiques du genre, ces livres qui ont inventé ou perfectionné les ficelles que nous venons d'évoquer. Le premier nom qui s'impose est celui d'Agatha Christie, et en particulier Ils étaient dix : dix personnes que rien ne semble relier sont invitées sur une île isolée, puis disparaissent l'une après l'autre, selon les couplets d'une comptine. C'est un modèle de tension en huis clos, où chaque chapitre réduit le cercle des suspects et resserre l'étau. Dans un registre plus psychologique, Rebecca de Daphne du Maurier suit une jeune femme timide qui épouse un riche veuf et s'installe dans son domaine de Manderley, où tout, de la gouvernante aux objets, rappelle la première épouse disparue ; le suspense naît moins d'une menace physique que d'un malaise qui grandit, page après page. Patricia Highsmith, avec Monsieur Ripley, renverse les habitudes : nous suivons Tom Ripley, un jeune homme ambitieux et sans scrupules, et nous nous surprenons à trembler qu'il soit démasqué, ce qui en dit long sur la puissance d'un point de vue. Stephen King, dans Misery, enferme un romancier blessé chez une admiratrice qui l'a secouru après un accident et qui refuse de le laisser partir ; le huis clos devient presque insoutenable. Pour un souffle plus ample, Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, publié d'abord en feuilleton dans la presse, montre comment on tenait déjà des milliers de lecteurs en haleine d'un numéro à l'autre, avec une vengeance patiemment préparée. Côté français contemporain, Franck Thilliez, avec des romans comme Le Syndrome E, construit des intrigues vertigineuses où l'enquête se double d'une plongée dans les zones obscures de l'esprit humain. Enfin, Les Apparences de Gillian Flynn a marqué toute une génération de lectrices avec l'histoire d'un couple dont l'épouse disparaît le jour de leur anniversaire de mariage, racontée par deux voix qui ne disent pas la même chose. Ces livres n'ont pas le même rythme ni la même noirceur : certains conviennent à un dimanche pluvieux, d'autres à une nuit blanche assumée. Commencez par celui dont le résumé vous intrigue le plus, et laissez-vous guider par votre plaisir ; vous découvrirez vite le suspense qui vous ressemble, plutôt énigme, plutôt angoisse ou plutôt vertige psychologique. Gardez aussi en tête que la relecture de ces classiques, des années plus tard, révèle souvent une finesse que la première lecture, trop pressée de connaître la fin, avait laissée passer.

Black-out : un suspense psychologique et intime

Couverture du roman Black-out, l'ombre du passé de Laëtitia KnopikParmi mes propres romans, celui qui joue le plus franchement avec le suspense est Black-out, l'ombre du passé, un drame psychologique où l'attente naît de la mémoire plutôt que d'une menace extérieure. Claire se réveille à l'hôpital après un accident, sans aucun souvenir : une amnésie rétrograde qui fait d'elle une étrangère à sa propre vie. Elle réapprend les gestes simples avec Stephen, son kinésithérapeute ; son amie Zoé, rencontrée en internat, l'entraîne dans un événement caritatif ; puis l'hypnose fait revenir ses souvenirs par flashs, jusqu'à une vérité inattendue que je garderai bien sûr pour vous. Dans ce type de récit, la question dramatique est aussi simple que vertigineuse : que s'est-il passé, et qui était-elle avant ? C'est la curiosité du passé, au sens où l'entendent les narratologues, qui tient le lecteur, et elle se double d'une inquiétude plus diffuse, car chaque souvenir retrouvé pourrait changer le regard que Claire porte sur elle-même et sur ceux qui l'entourent. J'ai voulu que le lecteur avance exactement au rythme de Claire, sans en savoir davantage qu'elle, pour que chaque flash soit vécu comme une découverte partagée. Une lectrice a résumé ainsi son expérience : « L'histoire tient le lecteur en haleine, le dénouement est surprenant et donne envie de relire le livre ! » Cette envie de relire est peut-être le plus beau compliment qu'on puisse faire à un roman à suspense : elle signifie que la surprise finale n'était pas un tour de passe-passe, mais l'aboutissement de signes semés en chemin. Le roman est court, cent cinquante-neuf pages, ce qui en fait une lecture idéale pour une soirée ou un week-end, et il ne cherche jamais le frisson gratuit. Le suspense y sert une histoire de résilience, de pardon et d'acceptation de soi, où le handicap est abordé avec pudeur. Si vous aimez les récits où l'enquête est intérieure, où la question n'est pas seulement de savoir qui a fait quoi mais qui l'on devient après une épreuve, il pourrait bien trouver sa place entre vos classiques et vos découvertes. Et si vous le lisez, notez la page où vous avez commencé à échafauder votre propre hypothèse : j'aime l'idée que chaque lectrice mène sa petite enquête en parallèle de celle de Claire, avec ses intuitions, ses erreurs et ses certitudes bousculées.

Pourquoi on ne lâche plus un roman à suspense

Tout lecteur connaît cette scène : il est tard, la lampe de chevet éclaire encore la page, on s'était promis de s'arrêter à la fin du chapitre, et l'on se retrouve à en entamer un autre, puis un autre encore, avec la certitude coupable qu'on le regrettera au réveil. Ce phénomène du « encore un chapitre » a plusieurs explications, et aucune n'a besoin d'être savante pour être comprise. La première tient à l'inachevé. Une psychologue russe, Bluma Zeigarnik, avait observé dans les années vingt que nous gardions mieux en mémoire les tâches interrompues que celles que nous avions terminées ; sans en tirer de conclusions trop hâtives, chacun sait d'expérience qu'une question laissée ouverte continue de nous occuper l'esprit, et qu'un chapitre qui s'arrête au milieu d'une scène nous poursuit jusque sous la couette. La deuxième explication tient à notre rôle actif. Un roman à suspense ne se lit pas passivement : on y formule des hypothèses, on soupçonne tel personnage, on remarque un détail, on parie sur une issue. Cette enquête du lecteur nous engage personnellement dans le récit, et chaque page devient l'occasion de vérifier si l'on avait raison. On lit pour savoir, mais aussi pour avoir eu raison, ou pour le plaisir délicieux de s'être fait berner. La troisième explication est affective. Plus on s'attache à un personnage, plus il devient insupportable de le laisser en danger : refermer le livre, c'est un peu l'abandonner au milieu de la tempête. Les romanciers le savent et soignent l'attachement avant de faire monter la menace, en nous faisant partager les petites joies et les failles de leur héroïne. Il y a enfin une dimension sociale que l'on sous-estime : un roman à suspense se partage. On le conseille à une amie en refusant obstinément de lui raconter la fin, on guette sa réaction, on en discute ensuite avec passion ; la peur de « se faire gâcher » la surprise, ce que l'on appelle aujourd'hui le spoiler, montre bien que ces livres reposent sur une émotion précieuse et fragile, qu'on protège comme un secret. Imaginons deux amies qui lisent le même roman à quelques jours d'intervalle : la première, qui a fini, observe la seconde avec un sourire entendu, attendant le moment où elle découvrira la révélation. Cette complicité fait partie intégrante du plaisir, et prolonge le livre bien au-delà de sa dernière page, dans les conversations, les messages échangés tard le soir et les « alors, vu venir ou pas ? » murmurés à la machine à café.

La spirale du « encore un chapitre »L'inachevéune question ouverte nous suitL'attachementon n'abandonne pas une héroïneL'enquête du lecteurhypothèses et parisLe partage« alors, vu venir ou pas ? »et la lampe de chevet reste allumée
L'inachevé, l'enquête, l'attachement et le partage s'enroulent en spirale, et c'est ainsi qu'un dernier chapitre en appelle toujours un autre.

Relire un roman à suspense : le paradoxe du frisson

Il existe une expérience étonnante que je vous invite à tenter, parce qu'elle éclaire autrement notre goût pour le suspense : relire un roman dont on connaît la fin. Logiquement, le frisson devrait disparaître, puisque la question qui nous tenait éveillés a reçu sa réponse. Pourtant, beaucoup de lecteurs constatent le contraire : on tremble encore pour l'héroïne, on espère encore qu'elle ouvrira la bonne porte, on se surprend à retenir son souffle devant une scène dont on connaît pourtant l'issue. Les philosophes qui s'intéressent aux émotions de fiction ont un nom pour cela, le paradoxe du suspense, et plusieurs explications ont été proposées. L'une d'elles tient à l'immersion : en lisant, nous nous installons dans le présent du récit, aux côtés du personnage, et nous éprouvons ce qu'il éprouve comme si nous ne savions rien. Une autre tient au plaisir de l'anticipation lui-même, que la connaissance de l'issue n'efface pas, un peu comme on attend avec émotion le passage préféré d'une chanson que l'on connaît par cœur. Mais la relecture apporte aussi un plaisir nouveau, qui n'existait pas la première fois : celui de voir les indices semés en chemin, les fausses pistes, les phrases à double sens, les regards qu'on avait mal interprétés. On passe du statut de lectrice piégée à celui de complice de l'auteur, et l'on admire la mécanique au lieu de la subir. C'est une manière très différente de lire, plus lente, plus attentive aux détails, et souvent plus émouvante, parce qu'on comprend enfin ce que tel personnage cachait derrière une réplique anodine. Si vous voulez tenter l'expérience, choisissez un roman qui vous a vraiment surprise, laissez passer quelques mois, puis relisez-le avec un crayon à la main, en notant chaque passage qui prend un sens nouveau. Vous découvrirez peut-être que vous aviez tous les éléments dès le début, et que l'auteur vous a simplement appris à regarder ailleurs. Un roman à suspense réussi supporte cette seconde lecture, et même s'en trouve grandi ; c'est d'ailleurs un bon critère pour distinguer les livres qui reposent sur un simple effet de ceux qui construisent une vérité cohérente. Et c'est pour cela que la plus belle récompense, pour une romancière, reste peut-être cette phrase de lectrice qui dit vouloir relire le livre : elle signifie que le frisson a laissé place à quelque chose de plus durable, le désir de revenir, de comprendre et de retrouver des personnages que l'on a aimés, même en connaissant leur destin.