Je suis romancière, et s'il fallait tenir mon travail en une phrase, ce serait celle-ci : écrire des histoires pour comprendre l'humain. Mes romans parlent de corps qu'on apprend à habiter, de vies qu'on reconstruit, de vérités qu'on préfère parfois taire, et de tout ce qui se joue en silence derrière un sourire poli. Ils sont nourris de rencontres réelles, de résilience et d'une conviction simple : on ne change pas les gens, on leur donne juste envie de se regarder autrement. Sur cette page, je ne vais pas dérouler une biographie en règle, parce que l'essentiel se passe ailleurs, entre une page et vous. Je préfère vous parler de mon regard, de ma plume, des thèmes qui reviennent d'un livre à l'autre, du chemin qui m'a menée du métier de diététicienne à l'écriture d'Ada, et de ces univers qui vont du plus lumineux au plus sombre.

Romancière avant tout, pour comprendre l'humain

Ici, je suis avant tout une chose : une romancière. Ce mot, je l'aime pour ce qu'il promet de modeste et d'immense à la fois. Modeste, parce qu'une romancière ne détient aucune vérité, elle raconte ; immense, parce qu'un roman peut accompagner quelqu'un pendant des jours, se glisser dans ses pensées au moment de s'endormir, lui souffler une phrase au détour d'une journée difficile. Ma signature, des histoires pour comprendre l'humain, n'est pas un slogan trouvé pour faire joli : c'est la question qui me met au travail. Je me demande ce qui pousse une femme brillante à se trouver si peu digne d'être regardée, ce qui reste de nous quand la mémoire s'efface, comment une jeune femme pleine de rêves peut se retrouver prise au piège de gestes qu'on lui demande de taire. Je n'ai pas de réponse toute faite. J'ai des personnages, des situations, des émotions, et l'envie de les suivre jusqu'au bout pour voir ce qu'ils ont à nous apprendre sur nous-mêmes. Mes livres sont nourris de rencontres réelles et de résilience, et ils partagent une même conviction : on ne change pas les gens, on leur donne juste envie de se regarder autrement.

Je n'écris pas pour vous dire quoi penser. J'écris pour vous donner envie de regarder autrement.

Cette phrase, je la garde près de moi comme une boussole. Elle dit ce que je refuse autant que ce que je cherche. Je refuse le roman qui fait la morale, celui qui range les personnages en gentils et en méchants et vous tend la conclusion sur un plateau. Je cherche au contraire le moment où vous levez les yeux du livre parce que quelque chose s'est déplacé à l'intérieur, parfois presque rien : un regard un peu plus doux sur votre reflet, une indulgence nouvelle pour quelqu'un que vous jugiez trop vite, une colère enfin reconnue comme légitime. Regarder autrement, c'est tout ce que je vous propose, et c'est déjà beaucoup. Vous restez libres de vos conclusions, de vos désaccords, de vos larmes et de vos rires. Mon rôle s'arrête là où votre lecture commence, et je trouve cette frontière merveilleusement respectueuse : un livre ne vous appartient vraiment que lorsque vous en avez fait autre chose que ce que j'imaginais en l'écrivant.

Mon regard : observer les gens sans les juger

Avant d'écrire une ligne, je regarde. La façon dont une personne rentre les épaules en passant devant une vitrine, le rire un peu trop fort de celle qui ne veut pas qu'on remarque sa peine, la phrase anodine qui tombe comme une pierre au milieu d'un repas de famille. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le spectaculaire, c'est ce qui ne se dit pas : les scénarios qu'on se raconte en boucle, les remparts qu'on dresse sans même s'en apercevoir, les petites stratégies qu'on invente pour ne pas être vu tel qu'on est. J'ai la conviction que chacun de nous porte une histoire bien plus vaste que ce qu'il laisse paraître, et qu'un roman est l'un des rares endroits où l'on peut entrer dans cette histoire sans effraction, avec la permission du personnage et la vôtre. Lire, c'est accepter pendant quelques heures de vivre derrière les yeux de quelqu'un d'autre ; écrire, pour moi, c'est préparer ce passage avec assez de soin pour que vous vous y sentiez accueillis. C'est aussi pour cela que mes héroïnes sont souvent des femmes ordinaires, au sens le plus noble du terme : une femme de quarante ans absorbée par sa carrière, une jeune pâtissière en devenir, une amoureuse déçue, une inconnue qui se réveille sans passé. Leur banalité apparente est une porte d'entrée ; ce qu'elles vivent, chacun de nous peut le reconnaître.

regarder autrementcomprendre avant de juger
Une lampe qui s'allume sur deux silhouettes : observer, c'est d'abord éclairer les gens avec douceur, sans les exposer.

Observer sans juger ne veut pas dire tout excuser. Cela veut dire accepter de comprendre avant de trancher. Dans mes romans, même les personnages qui blessent obéissent à une logique, et même les héroïnes qu'on aime ont leurs aveuglements, leurs mauvaises fois, leurs jours sans. Je tiens à cette nuance parce que la vie en est faite : personne n'est tout d'un bloc, et c'est précisément ce qui rend les êtres humains si émouvants à raconter. Mon regard de romancière est tendre, je crois, mais il n'est pas naïf. Il se pose sur les fragilités avec douceur et lucidité, il cherche la lumière qui reste dans les situations les plus sombres, et il se méfie des jugements trop rapides, y compris de ceux que nous portons sur nous-mêmes. Car c'est souvent là que tout commence : dans la sévérité qu'on s'inflige sans même s'en rendre compte, et que l'on n'oserait jamais infliger à une amie. Si mes livres pouvaient desserrer un peu cette sévérité, ne serait-ce que le temps d'une lecture, j'aurais le sentiment d'avoir fait mon travail.

De diététicienne à romancière : la naissance d'Ada

Couverture du roman Ada, ou comment devenir une fantastibuleuse de Laëtitia KnopikMon chemin vers l'écriture passe par un métier qui, à première vue, n'a rien de romanesque : celui de diététicienne. J'ai accompagné des clientes suivies en gestion de poids, et j'ai compris une chose que les chiffres ne montrent pas : elles étaient souvent bien plus en manque de confiance que de kilos en trop. Derrière la demande de départ, c'était l'image de soi qui faisait mal, ce regard impitoyable posé sur son propre reflet. Ada est née de là, du désir d'offrir à ces femmes une réponse que mon métier seul ne pouvait pas leur donner. Pas un programme, pas une méthode, mais une histoire dans laquelle elles pourraient se reconnaître et, peut-être, se sentir un peu moins seules. C'est ainsi qu'est né mon roman ADA, quand accepter son corps devient une aventure intérieure, que certains d'entre vous ont connu sous son premier titre, Ada ou comment devenir une fantastibuleuse. J'aime que ce livre porte en lui ce double héritage, celui de l'écoute et celui de l'imagination.

L'iceberg d'Adace qu'on voitLes kilos en tropce qui pèse vraimentLe manque de confianceLe regard des autresLes films qu'on se faitLes murs qu'on se construit
L'iceberg d'Ada : ce qu'on voit à la surface n'est qu'une petite partie de ce qui pèse vraiment.

Ada a quarante ans et toute une vie à remettre d'aplomb. Entre une carrière prenante, un regard dur sur son corps et le poids des apparences, elle s'est peu à peu oubliée, jusqu'à ce qu'un événement inattendu la pousse à tout reconsidérer. Commence alors un voyage qui ne se mesure pas en kilos, mais en estime de soi. Je tiens beaucoup à cette formule, parce qu'elle dit exactement ce que je voulais faire : déplacer le regard des chiffres vers la personne. Ce livre ne contient aucun conseil, aucun régime, aucune promesse de transformation miraculeuse, et il ne remplace évidemment aucun accompagnement. C'est un roman, avec ses rencontres inspirantes, ses doutes et ses rires, qui raconte comment une femme redécouvre celle qu'elle est vraiment, imparfaite, sincère et profondément vivante. Une lectrice a écrit à son propos : « Tout le monde peut se reconnaître dans Ada. On a toutes à un moment donné été en désaccord avec notre corps. » Je n'aurais pas su mieux dire pourquoi je l'ai écrit. Et la question qui clôt sa quatrième de couverture reste pour moi une invitation affectueuse : êtes-vous prête, vous aussi, à devenir fantastibuleuse ?

Une plume douce, drôle et juste

Je laisse volontiers mes lecteurs décrire ma plume, parce qu'ils le font mieux que moi. Les mots qu'ils emploient sont douce, drôle, juste, fluide, rythmée, et une expression qui me touche énormément par sa simplicité : « facile à lire ». Certains y verraient un compliment mineur ; j'y vois le plus beau de tous. Dire simplement des choses compliquées demande une patience d'orfèvre : retirer ce qui fait joli sans rien dire, chercher le mot exact plutôt que le mot savant, laisser respirer les phrases pour que vous puissiez y entrer sans effort. Je veux que mes livres puissent être ouverts par une grande lectrice comme par quelqu'un qui n'a pas lu de roman depuis des années, et que tous deux s'y sentent chez eux. L'accessibilité n'est pas une concession, c'est une forme de politesse envers celui ou celle qui lit, et une façon de dire que la littérature n'appartient à personne en particulier. Une phrase claire n'est pas une phrase pauvre : elle laisse toute la place à l'émotion, au lieu de la retenir derrière une vitrine de mots rares. C'est ce que j'essaie d'offrir, page après page, à celles et ceux qui me lisent.

ce que les lecteurs disent de ma plumedoucedrôlejuste
Une plume qui court sur la page et laisse derrière elle trois mots que mes lecteurs m'ont offerts.

L'humour, lui, est une autre forme de politesse. Je crois profondément qu'on peut parler de choses graves avec un sourire, et même qu'on le doit parfois, parce que le rire ouvre des portes que la solennité laisse fermées. Dans Ada, les doutes voisinent avec les rires ; dans L'amertume du cacao, la comédie tient la main de la tendresse ; et même dans mes histoires les plus sombres, il reste de la chaleur, une amitié, une réplique qui desserre la gorge. Quant à la justesse, c'est l'exigence qui me tient le plus à cœur : qu'une émotion sonne vrai, qu'un dialogue ressemble à la façon dont les gens se parlent réellement, que la douleur ne soit jamais surjouée ni la joie sucrée à l'excès. Mes lecteurs parlent de personnages attachants auxquels ils s'identifient, et c'est pour moi le signe que la justesse a opéré : on ne s'attache qu'à ceux qu'on croit. Un personnage trop parfait nous laisse à distance ; un personnage qui hésite, se contredit et se relève nous ressemble, et c'est pour cela qu'on a envie de le suivre.

Mes univers, du lumineux au plus sombre

Si vous lisez plusieurs de mes livres, vous remarquerez peut-être qu'ils ne se ressemblent pas en surface. Une comédie romantique de Noël, un roman initiatique, un drame psychologique, un drame social, et bientôt un roman plus noir : on pourrait croire à une autrice qui papillonne. En réalité, le fil qui les relie reste le même, cette question de savoir comment on se relève, comment on se regarde, comment on se reconstruit. Seule change la lumière de la scène. Certaines histoires se lisent sous un plaid avec un chocolat chaud ; d'autres demandent qu'on garde la lampe allumée un peu plus tard. J'aime cette palette parce qu'elle ressemble à la vie, qui ne choisit pas un genre une fois pour toutes et mélange volontiers les éclats de rire et les nuits blanches. Voici, du plus doux au plus sombre, les territoires que je parcours.

Du lumineux au plus sombreL'amertume du cacaocomédie romantiqueAdaroman initiatiqueBlack-outdrame psychologiqueNon, ce n'est pas riendrame socialProchain romanthriller en coursun même fil : comment on se relève
Du chocolat chaud de Laponie aux zones d'ombre du thriller : cinq lumières différentes pour une seule question.

La comédie romantique, pour se blottir

Couverture du roman L'amertume du cacao peut-elle faire fondre les flocons de neige ? de Laëtitia KnopikL'amertume du cacao peut-elle faire fondre les flocons de neige ? est une comédie romantique « à consommer au coin du feu avec un bon chocolat chaud et ses chamallows ». Justine, larguée et humiliée trois semaines plus tôt, se retrouve envoyée en Laponie pour un contrat vital pour l'entreprise qu'elle a créée avec Emma, sa meilleure amie, enceinte jusqu'au cou. Elle y rencontre Jonatan, revenu dans son village natal pour récupérer l'héritage familial, et pour qui l'amour rime avec business. C'est le versant le plus tendre de mon travail, une romance de Noël feel-good au coin du feu. Une lectrice l'a décrite mieux que moi : « On est plongée dans une véritable romance de Noël comme on les aime, c'est comme si l'on regardait un film du genre à la télévision. C'est tout doux, tout chaud. » Derrière la légèreté, pourtant, il y a une vraie question : comment croire de nouveau en l'amour quand on a surtout appris à l'observer chez les autres ?

Le roman initiatique, pour se retrouver

Ada occupe une place à part, à la frontière entre roman contemporain et développement personnel. Le roman initiatique raconte une transformation intérieure : un personnage part d'un endroit, traverse des épreuves et des rencontres, et arrive ailleurs, non pas parfait mais plus vrai. Joseph Campbell a montré combien ce schéma du voyage du héros traverse les mythes et les contes ; dans Ada, le héros est une femme de quarante ans, et la grande aventure se joue à l'intérieur, dans la manière de se parler et de se regarder. J'aime ce genre parce qu'il fait confiance au lecteur ; il ne lui dit pas quoi faire, il lui montre quelqu'un qui cherche et le laisse libre d'emprunter ce qui lui parle. Le ton y est lumineux et la bienveillance n'y est jamais mièvre : Ada doute, se trompe, se décourage, recommence. C'est un roman sur l'acceptation et la quête d'équilibre, qui donne envie de se regarder enfin avec tendresse. Si vous cherchez une lecture qui réchauffe sans rien nier des difficultés, c'est sans doute par elle que je vous inviterais à entrer dans mon univers.

Le drame psychologique, pour se souvenir

Couverture du roman Black-out, l'ombre du passé de Laëtitia KnopikAvec Black-out, l'ombre du passé, mon troisième roman, j'ai voulu descendre plus profond dans les méandres de l'esprit. Claire se réveille à l'hôpital après un accident, indemne physiquement mais frappée d'amnésie rétrograde : elle ne sait plus qui elle est. Entre rééducation, hypnose et rencontres marquantes, elle reconstitue peu à peu sa mémoire fragmentée, jusqu'à devoir choisir ce qu'elle en fait. Le drame psychologique est un genre où chaque émotion, chaque pensée, chaque geste porte une signification plus profonde, et où le suspense naît de l'intérieur plutôt que des coups de théâtre. J'y parle du handicap invisible, de la résilience, du pardon et de l'identité, et un lecteur a trouvé les mots que j'espérais : « Un roman qui parle du handicap avec pudeur, de la résilience et au bout du compte de l'acceptation de soi. » Vous trouverez tout sur ce drame psychologique Black-out, l'ombre du passé, sans que rien de sa vérité finale ne soit révélé, bien sûr.

Le drame social, pour ne plus se taire

Couverture du roman Non, ce n'est pas rien de Laëtitia KnopikNon, ce n'est pas rien est un roman inspiré d'une histoire vraie. Léna n'a jamais trouvé sa place à l'école ; elle respire sur le terrain de foot avec son équipe de toujours et des copines en or, et se découvre une passion en cuisine, entre chocolat fondant et ganaches montées. Poussée par ses amies, elle se lance dans une reconversion en CAP pâtissier, mais son alternance devient un piège : sous les compliments se cachent des gestes, des regards, des mots qui brisent. J'ai écrit ce roman sur la sororité et la parole des femmes pour libérer la parole, en particulier celle des jeunes femmes qui ont peur ou n'osent pas parler. Il est accessible dès 16-17 ans, car aucune scène difficile n'y est décrite explicitement : je voulais qu'il puisse circuler, être prêté, lu en famille ou en classe. Si ce sujet vous touche de près, sachez qu'en France le 3919 (Violences Femmes Info) est gratuit et anonyme, et que le Défenseur des droits peut être saisi en cas de harcèlement au travail.

Le thriller, pour regarder l'ombre en face

Mon prochain roman, plus noir, est en cours d'écriture. Je ne vous en dirai pas davantage pour l'instant, sinon qu'il s'aventure du côté du thriller et du polar psychologique, là où se glissent la manipulation, l'emprise, la vengeance et parfois la folie. Ce virage peut surprendre venant de l'autrice d'Ada ; il est pourtant parfaitement cohérent avec le reste. Comprendre l'humain, c'est aussi accepter de regarder ce qu'il a de plus trouble, non pour le glorifier, mais pour mieux reconnaître les mécanismes de l'ombre quand ils s'approchent de nous. J'aborde ces territoires avec la même exigence de justesse et le même refus de la caricature, en particulier lorsqu'il s'agit de troubles psychiques. Et si ces thèmes réveillent chez vous une détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et joignable 24 h/24.

Les thèmes qui reviennent d'un livre à l'autre

Quand je regarde mes romans côte à côte, certains fils apparaissent avec évidence, comme les motifs d'une tapisserie qu'on ne distingue qu'en prenant du recul. Je ne les choisis pas toujours consciemment ; ils s'imposent, parce qu'ils correspondent aux questions qui me tiennent éveillée. L'estime de soi et l'acceptation de son corps, le regard des autres, la mémoire et l'identité, le handicap, le pardon, la reconstruction, la sororité : voilà ma famille de thèmes. Avec le roman que j'écris en ce moment s'y ajoutent des sujets plus sombres, la manipulation et l'emprise. Pour vous aider à vous repérer, voici où vous croiserez chacun de ces fils, en sachant qu'aucun livre n'en porte un seul et que chacun les tisse à sa manière.

ThèmeOù vous le croiserez
Estime de soi et acceptation du corpsAda, une quête qui ne se mesure pas en kilos
Regard des autres et confiance en soiAda, et Justine dans L'amertume du cacao
Mémoire et identitéBlack-out, avec Claire et son amnésie rétrograde
Handicap invisible et résilienceBlack-out, abordé avec pudeur
Sororité et courage d'écouter sa voixNon, ce n'est pas rien, Léna et ses copines en or
Croire de nouveau en l'amourL'amertume du cacao, entre flocons et chocolat chaud
Manipulation, emprise, part d'ombreMon prochain roman, plus noir, en cours d'écriture

Si je devais nommer le thème qui les contient tous, je dirais la reconstruction. Qu'il s'agisse de se réconcilier avec son reflet, de retrouver un passé perdu, de reprendre le contrôle après avoir été blessée ou de rouvrir son cœur après une humiliation, mes personnages sont toujours en train de se relever. Ils ne le font jamais seuls : une amie, une équipe, une rencontre, une main tendue au bon moment. C'est peut-être ma conviction la plus profonde de romancière, que personne ne se reconstruit dans le vide, et que la bienveillance des autres, lorsqu'elle est sincère, peut tout changer. Les psychiatres et les essayistes ont leurs mots pour cela ; Boris Cyrulnik a rendu familière à beaucoup d'entre nous la notion de résilience. Les romanciers, eux, ont des scènes : une conversation au bon moment, un fou rire partagé, une porte qu'on ose enfin pousser. C'est dans ces scènes-là que j'essaie de faire tenir ce que je crois.

Ce qui me guide quand j'écris

Quelques principes m'accompagnent d'un livre à l'autre, et je préfère vous les confier franchement, parce qu'ils forment un peu le contrat moral que je passe avec vous. Le premier est la pudeur. Je peux parler de choses très dures, de violences, de harcèlement, de corps malmenés, sans jamais les exposer crûment : ce qui se passe hors champ est souvent plus fort que ce qu'on montre, et surtout, je ne veux pas que la lecture blesse à son tour. Le deuxième est le respect de votre liberté : je ne vous dicterai jamais ce que vous devez penser d'un personnage ni d'une situation. Le troisième tient à l'honnêteté : un roman n'est ni un soin ni un traitement. Il peut accompagner, consoler, éclairer, donner envie de faire un pas, mais il ne remplace pas une aide professionnelle, et je ne présenterai jamais mes livres autrement, même lorsque des lecteurs me disent qu'ils leur ont fait du bien.

Il y a aussi des principes plus joyeux. Celui de ne jamais oublier le plaisir, d'abord : un roman doit se lire avec envie, on doit avoir hâte de retrouver ses personnages le soir, sinon tout le reste est vain. Celui de préserver la surprise, ensuite, en ne dévoilant jamais une fin, ni ici ni ailleurs, parce que le moment où une histoire se referme vous appartient. Celui, enfin, de croire en la lumière, même dans les récits les plus sombres. Je n'écris pas des histoires où tout va bien ; j'écris des histoires où, malgré tout, quelque chose peut aller mieux. La résilience n'est pas pour moi un mot à la mode : c'est cette capacité têtue que nous avons de continuer, de réparer, de rire encore après avoir pleuré. Si mes romans laissent une trace, j'aimerais que ce soit celle-là, une confiance un peu plus grande dans ce que les êtres humains sont capables de traverser, et dans ce qu'ils peuvent s'offrir les uns aux autres.

Vous, lectrices et lecteurs : une conversation qui continue

Un roman n'existe vraiment qu'une fois lu. Tant qu'il reste entre mes mains, ce n'est qu'une proposition ; c'est vous qui lui donnez sa voix, ses images, ses résonances. Chaque lecteur lit un livre différent, avec ses souvenirs, ses blessures et ses joies, et c'est pour cela que vos retours me touchent autant. Quand une lectrice écrit qu'elle s'est reconnue dans Ada, quand un lecteur évoque l'émotion ressentie aux côtés de Claire, je mesure la chance d'avoir été lue avec autant d'attention. Je vous considère moins comme un public que comme des compagnons de route, avec qui la conversation commencée dans le livre peut se poursuivre bien après la dernière page. Vos questions, vos désaccords, vos émotions nourrissent ma réflexion, et il m'arrive de penser à vous en écrivant, à ce que vous ressentirez en tournant telle page.

des histoires pour comprendre l'humain
Un livre ouvert dont les pages se tournent et d'où s'échappent de petits cœurs : ce qui part de la page finit toujours par rejoindre quelqu'un.

Cette conversation, j'aime qu'elle reste simple et chaleureuse. Vous pouvez m'écrire depuis la page Contact du menu, pour partager votre lecture, poser une question sur un personnage, me proposer une rencontre dans votre librairie, votre bibliothèque ou votre club de lecture. Et si vous souhaitez suivre mon travail de plus près, recevoir les nouvelles de mes prochaines sorties, des coulisses d'écriture et parfois un premier chapitre en avant-première, vous pouvez vous abonner à ma newsletter de romancière, qui offre un premier chapitre d'Ada à l'inscription. Quelle que soit la porte par laquelle vous entrez dans mes livres, la douceur d'un chocolat chaud, le miroir d'une héroïne de quarante ans, l'ombre d'un souvenir perdu ou le courage d'une jeune femme qui refuse de se taire, vous y serez accueillis avec le même soin, celui qu'on doit aux gens qu'on a envie de comprendre.