Thèmes et personnages de roman : pourquoi nous touchent-ils autant ?

Pourquoi lire des romans aide à retrouver l'estime de soi ?

Lire un roman sur l'estime de soi aide parce qu'il nous permet de nous regarder de biais, à travers quelqu'un d'autre, sans le tribunal intérieur qui s'allume quand nous pensons directement à nous. En suivant une héroïne qui doute, se trompe puis se relève, nous revisitons nos propres films intérieurs avec plus de douceur, nous empruntons un peu de son courage et nous découvrons qu'une autre histoire est possible. Le roman ne remplace ni un ami, ni un accompagnement professionnel quand il est nécessaire, mais il offre un espace rare : un endroit où l'on se reconnaît sans être jugé. Voici pourquoi cette alchimie fonctionne, quels romans lire pour nourrir ce regard bienveillant, comment en tirer davantage au quotidien et pourquoi j'ai moi-même écrit Ada pour les femmes qui manquaient de confiance bien plus que de kilos en trop.

Estime de soi et roman : de quoi parle-t-on vraiment ?

Avant de parler de livres, il faut s'entendre sur les mots, car l'estime de soi est souvent confondue avec la confiance ou avec une forme d'assurance tapageuse. Dans la rubrique thèmes et personnages de mes romans, je reviens souvent à cette notion, parce qu'elle traverse tous mes livres. Les psychiatres Christophe André et François Lelord, dans leur ouvrage L'Estime de soi, la décrivent comme un édifice reposant sur trois piliers : l'amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi. Cette image est précieuse pour comprendre ce qu'un roman peut toucher, et ce qu'il ne peut pas toucher.

Les trois piliers de l'estime de soiEstime de soiAmour de soiVision de soiConfiance en soile romanconsole, éclaire,encouragese regarderà traversune héroïne
Amour, vision et confiance : les trois piliers de l'estime de soi, que la lecture peut éclairer chacun à sa façon.

L'estime de soi, un regard plus qu'une note

On imagine volontiers l'estime de soi comme une note que l'on s'attribuerait, un chiffre qui monterait ou baisserait selon nos réussites. En réalité, elle ressemble davantage à un regard : la manière dont nous nous voyons, dont nous nous parlons, dont nous nous traitons lorsque personne ne nous observe. Ce regard peut être tendre ou impitoyable, juste ou déformé, et il n'a souvent qu'un lointain rapport avec ce que les autres voient de nous. Combien de femmes brillantes, drôles, aimées, se décrivent pourtant avec une sévérité qu'elles n'infligeraient à personne ? C'est ce décalage que la fiction met si bien en lumière. Dans un roman, nous voyons à la fois ce que l'héroïne pense d'elle-même et ce qu'elle est réellement, à travers ses actes et le regard des autres personnages. Cette double vision nous apprend, sans leçon, à douter de notre propre tribunal intérieur, et à soupçonner que le juge qui siège en nous n'est pas toujours impartial.

Pourquoi la fiction touche ce regard

Quand on essaie de changer directement le regard que l'on porte sur soi, on se heurte souvent à un mur : les résistances se dressent, les vieilles phrases reviennent, on se trouve ridicule. La fiction contourne cet obstacle. Elle nous fait regarder ailleurs, vers un personnage, et c'est de biais que le changement opère. Nous jugeons l'héroïne trop dure avec elle-même, nous avons envie de lui dire qu'elle mérite mieux, qu'elle exagère ses défauts, qu'elle oublie ses qualités. Puis, un soir, nous comprenons que ces phrases s'adressaient aussi à nous. Ce détour par l'autre est au principe même de la lecture de fiction, et il explique pourquoi certaines histoires nous touchent davantage qu'un discours direct, aussi juste soit-il. Le roman ne nous dit pas ce que nous devons penser de nous-mêmes : il nous laisse le découvrir, à notre rythme, en tournant les pages. Une idée que l'on trouve seul s'enracine beaucoup plus profondément qu'une idée qu'on nous a imposée, surtout quand elle concerne notre valeur.

Ce que la lecture peut et ne peut pas faire

Soyons honnêtes : un roman n'est pas un soin. Il ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un accompagnement professionnel lorsqu'une souffrance s'installe. Des lectrices m'ont confié qu'un livre leur avait fait du bien, et je reçois ces mots avec gratitude, mais je me garderais bien de présenter un roman comme un traitement. Ce que la lecture peut offrir, en revanche, est précieux : un appui discret et quotidien, une compagnie dans les moments de doute, une manière de mettre des mots sur ce que l'on ressent, parfois le déclic qui pousse à demander de l'aide. On parle parfois de bibliothérapie pour désigner l'usage des livres dans un cadre d'accompagnement ; même dans ce cadre, la lecture complète le travail d'un professionnel, elle ne s'y substitue pas. Garder cette nuance en tête permet de lire sans attente démesurée, et paradoxalement de mieux recevoir ce que le livre a à donner : un moment de douceur, une idée neuve, un sourire devant le miroir de la salle de bains.

Comment un roman nourrit l'estime de soi du lecteur

Le lien entre lecture et regard sur soi n'a rien de mystérieux, mais il passe par plusieurs chemins qui se combinent. J'ai déjà évoqué certains d'entre eux à propos de la question quels romans aident à accepter son corps, car le rapport au corps est souvent la partie la plus visible d'une estime de soi fragilisée. Mais l'effet de la fiction va bien au-delà du corps : il touche la façon dont nous nous parlons, dont nous jugeons nos échecs, dont nous osons prendre notre place. Voici trois mécanismes que les lectrices décrivent souvent, et que je reconnais aussi dans ma propre histoire de lectrice.

Miroir à main ancien posé près d'un livre ouvert, ruban bordeaux et pétales de rose, lecture et regard sur soi
Le roman tend au lecteur un miroir bienveillant : on s'y découvre autrement, et l'estime de soi se nourrit page après page.

Se reconnaître sans être jugée

Le premier bienfait, c'est la reconnaissance. Lorsqu'une héroïne pense exactement ce que nous pensons en secret, qu'elle évite les miroirs des cabines d'essayage, qu'elle se compare aux autres mères à la sortie de l'école ou qu'elle refuse une promotion par peur d'être démasquée, quelque chose se desserre. Nous ne sommes plus seules avec nos pensées honteuses : quelqu'un d'autre les a eues, et ce quelqu'un est aimable, attachant, digne d'une histoire. Cette reconnaissance sans jugement est d'autant plus forte que le livre ne nous regarde pas. Personne ne voit notre visage s'empourprer quand une phrase nous touche trop juste, personne ne commente. Le roman est l'un des rares lieux où l'on peut être pleinement sincère avec soi-même sans risque. On y découvre que nos faiblesses ne font pas de nous des exceptions pathétiques, mais des êtres humains ordinaires, ce qui, pour une estime de soi abîmée, change beaucoup. Il y a un immense soulagement à apprendre que l'on n'est pas la seule à se sentir de trop.

Mettre à distance ses propres films intérieurs

Nous sommes tous les scénaristes de films intérieurs très sombres : la réunion où tout le monde se moquera de nous, le dîner où l'on nous trouvera ennuyeuse, la robe que l'on n'ose pas porter parce qu'« on » va nous regarder. Dans un roman, nous voyons ces films projetés dans la tête d'une héroïne, et nous voyons aussi, grâce au récit, qu'ils ne correspondent pas à la réalité. Les autres personnages ne pensent pas ce qu'elle croit, la catastrophe annoncée n'arrive pas, ou pas comme prévu. Ce décalage produit un effet de mise à distance salutaire : nous commençons à soupçonner que nos propres scénarios catastrophes sont eux aussi des fictions. Des lectrices d'Ada m'ont parlé de cela avec beaucoup de justesse : ces scénarios que l'on se raconte, et ces murs que l'on finit par bâtir tout seul autour de soi. La fiction nous montre ces murs de l'extérieur, et c'est souvent le premier pas pour en retirer une brique, puis une autre, sans brusquerie.

Emprunter le courage d'un personnage

Le troisième mécanisme est plus actif : nous empruntons du courage. Quand une héroïne ose enfin dire non, quitter un emploi qui l'éteignait, porter ce maillot de bain rouge ou répondre à une remarque blessante, nous vivons ce moment avec elle, et une petite trace s'inscrit en nous. Le lendemain, face à une situation comparable, la scène peut revenir comme un encouragement silencieux : « elle l'a fait, pourquoi pas moi ? ». Ce courage par procuration n'a rien d'une recette magique, mais il élargit le champ des possibles. Nous avons vu, même en imagination, qu'une autre réaction était envisageable, qu'elle n'entraînait pas la fin du monde, qu'elle pouvait même rendre heureuse. Les romans initiatiques fonctionnent beaucoup sur ce ressort : ils racontent une transformation, étape par étape, et nous laissent repartir avec quelques-unes de ces étapes en poche, comme des cailloux blancs à semer sur notre propre chemin.

Quels romans lire pour retrouver l'estime de soi ?

Il n'existe pas de liste officielle, et chacun trouvera son livre selon son histoire. Certains préféreront un roman explicitement construit comme un parcours de transformation, d'autres une grande œuvre classique dont l'héroïne se bat pour sa dignité. Pour comprendre ce qui distingue ces deux familles, je vous renvoie à l'article sur la question roman ou livre de développement personnel : lequel lire pour avancer. Voici quelques pistes sûres, choisies parce que leurs héroïnes, à des époques très différentes, apprennent à se regarder autrement, avec un tableau pour vous orienter selon ce que vous traversez.

Des classiques qui réparent le regard

Les classiques ont souvent anticipé nos questions contemporaines. Jane Eyre de Charlotte Brontë raconte une jeune femme sans fortune ni beauté reconnue qui refuse pourtant de se laisser définir par le mépris des autres ; sa fameuse revendication d'égalité d'âme reste bouleversante. Les Quatre Filles du docteur March de Louisa May Alcott offre, à travers Jo, un modèle de fille qui refuse de se conformer, maladroite, colérique, passionnée, et profondément aimée pour ce qu'elle est. Anne... la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery suit une orpheline rousse, bavarde et rêveuse, convaincue d'être laide et de trop, qui gagne peu à peu sa place dans un foyer et dans un village. Ces trois livres ont en commun de mettre en scène des héroïnes jugées « pas comme il faut », et de montrer que leur différence est justement leur force. Les relire à l'âge adulte réserve des surprises : on y trouve des phrases qu'on n'avait pas remarquées, qui nous attendaient patiemment.

Des romans contemporains qui font du bien

Du côté contemporain, plusieurs romans ont marqué des lecteurs en quête de douceur. Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda réunit sous un même toit des êtres cabossés, dont Camille, une jeune femme fragile qui se sous-estime et reprend lentement goût à la vie et au dessin. L'Élégance du hérisson de Muriel Barbery raconte une concierge cultivée qui se cache derrière la banalité de sa fonction, persuadée de ne pas mériter mieux, jusqu'à une rencontre qui change son regard. Eleanor Oliphant va très bien de Gail Honeyman suit une femme solitaire, aux habitudes rigides, qui découvre peu à peu qu'elle a droit, elle aussi, à l'attention et à l'amitié. Ces trois romans partagent une tendresse pour les personnages invisibles, ceux que la société ne remarque pas et qui ont appris à ne pas se remarquer eux-mêmes. Ils montrent que l'estime de soi peut renaître d'une relation, d'une conversation, d'un regard bienveillant reçu au bon moment.

une rencontre qui change le regard
Sous ses piquants, le hérisson attend qu'on le remarque : il suffit parfois d'un papillon, d'un regard bienveillant, pour que l'invisible se sache digne d'attention.

Des héroïnes qui prennent enfin de la place

Certaines lectures apportent surtout de l'énergie et du rire. Le Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding a fait sourire des millions de lectrices en exposant sans fard les complexes, les régimes ratés et les résolutions intenables d'une trentenaire londonienne, avec une autodérision qui désamorce la honte. Les Yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol met en scène Joséphine, une femme effacée, écrasée par la comparaison avec sa sœur éblouissante, qui découvre en elle des ressources insoupçonnées. Ces héroïnes nous font du bien parce qu'elles ne deviennent pas parfaites : elles deviennent plus libres d'être elles-mêmes. Le rire joue ici un rôle précieux, car il permet de regarder nos travers sans nous accabler. On se moque gentiment d'elles, donc un peu de nous, et cette moquerie tendre est à l'opposé du dénigrement que beaucoup s'infligent en silence devant la glace. Quand on rit d'une faiblesse, elle cesse d'être une honte pour devenir un trait humain.

Si vous traversez…Une lecture à essayer
Le sentiment d'être de trop, pas à sa placeAnne... la maison aux pignons verts, L. M. Montgomery
Le mépris des autres, une enfance difficileJane Eyre, Charlotte Brontë
Une période d'isolement, de repli sur soiEleanor Oliphant va très bien, Gail Honeyman
La comparaison permanente avec une procheLes Yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol
Des complexes qu'on aimerait prendre avec humourLe Journal de Bridget Jones, Helen Fielding
Un désaccord avec son corps et son refletAda, parmi mes propres romans

Lire autrement pour nourrir son estime de soi

Choisir le bon roman est un premier pas ; la manière de le lire en est un second, souvent négligé. Nous lisons parfois vite, distraitement, pour fuir la journée, et c'est très bien ainsi. Mais lorsqu'on cherche dans la lecture un appui pour se regarder autrement, quelques gestes simples peuvent prolonger l'effet du livre bien au-delà de la dernière page. Il ne s'agit pas d'exercices, encore moins de devoirs, plutôt de petites attentions qui transforment une lecture en rencontre, et qui permettent de garder quelque chose de chaque héroïne croisée.

Le carnet de lecture comme miroir bienveillant

Tenir un carnet de lecture est l'un des gestes les plus simples et les plus riches. On y recopie les phrases qui nous ont touchées, on note ce qu'on a ressenti, on se demande pourquoi telle scène nous a serré la gorge. Peu à peu, ce carnet devient un autoportrait en creux : les passages choisis dessinent nos blessures, nos désirs, nos forces aussi. Relire ses notes quelques mois plus tard réserve souvent des surprises. On découvre qu'on a surligné toutes les scènes où une femme ose dire non, ou toutes celles où une amitié console. On apprend ainsi quelque chose de soi sans avoir eu à se regarder en face. Certaines lectrices ajoutent une colonne pour noter ce qu'elles aimeraient dire à l'héroïne, puis se rendent compte que ce message leur est adressé. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de tenir ce carnet : quelques mots griffonnés au dos d'un ticket de caisse valent autant qu'un bel objet relié, pourvu qu'on y revienne de temps en temps.

Partager ses lectures avec d'autres

La lecture est un plaisir solitaire qui gagne à être partagé. Un club de lecture, une amie à qui l'on prête un livre, un échange avec une libraire : chaque conversation autour d'un roman nous oblige à formuler ce que nous avons ressenti, et donc à le reconnaître. On découvre aussi que d'autres ont été touchés par les mêmes passages, parfois pour des raisons voisines. Cette communauté de lectrices produit un effet que je trouve très beau : on se sent moins seule avec ses doutes, puisqu'on constate qu'un même personnage a parlé à plusieurs personnes différentes. Parler d'une héroïne permet aussi de parler de soi de façon indirecte, sans se mettre à nu. Dire « je comprends tellement Ada quand elle évite les miroirs » est plus facile que de dire « j'évite les miroirs ». Pourtant, la personne en face entend les deux, et répond souvent avec une bienveillance qui fait du bien, parce qu'elle a été touchée par la même page.

Choisir le bon livre au bon moment

Tous les romans ne conviennent pas à tous les moments. Dans une période de grande fragilité, un drame très sombre peut accabler plus qu'il n'éclaire ; à l'inverse, une comédie trop légère peut sembler dérisoire face à une vraie peine. Apprendre à écouter son humeur de lecture fait partie du plaisir de lire. Certains jours appellent une héroïne qui nous ressemble, d'autres une aventure qui nous emporte loin de nous-mêmes, d'autres encore un roman qui fait rire. Il n'y a aucune honte à abandonner un livre qui ne nous fait pas de bien, ni à relire pour la cinquième fois celui qui nous réconforte. Respecter ses besoins de lectrice, c'est déjà une forme d'estime de soi : on s'accorde le droit de choisir ce qui nous nourrit plutôt que ce qu'on « devrait » lire. Les listes de classiques incontournables peuvent attendre ; le livre qui vous fera du bien ce soir est peut-être tout simplement celui qui vous fait signe depuis la table de chevet.

Ada, un roman d'estime de soi né d'un cabinet de diététicienne

Je ne pouvais pas écrire sur ce sujet sans vous parler du livre qui en est entièrement tissé. Ada n'est pas né d'une idée abstraite, mais de rencontres répétées avec des femmes qui, sous couvert de parler de leur poids, me parlaient surtout de leur manque de confiance. J'ai voulu leur répondre avec les moyens qui sont les miens depuis toujours : une histoire, des personnages, de l'humour et de la tendresse. Voici d'où vient ce roman, ce qu'il propose, et une dernière question à vous poser en refermant cet article.

D'où vient Ada

Pendant des années, j'ai exercé le métier de diététicienne. J'accompagnais notamment des femmes suivies en gestion de poids, et j'ai été frappée, consultation après consultation, par un constat : la plupart manquaient bien plus de confiance que de kilos en trop. Elles arrivaient avec une question sur leur corps et repartaient souvent en ayant surtout parlé de leur regard sur elles-mêmes, du jugement des autres, de la fatigue de se comparer. J'ai eu envie de leur offrir une réponse différente, qui ne passerait ni par des chiffres, ni par des règles, mais par une histoire à laquelle s'identifier. C'est ainsi qu'est née Ada. Je tiens à le préciser : ce roman ne contient aucun conseil nutritionnel, et il n'a pas vocation à en donner. Il parle de ce qui se joue avant et après l'assiette, de la manière dont on s'habite, dont on s'accepte, dont on se remet au centre de sa propre vie. C'est un roman, avec ses rires et ses doutes, pas un programme.

Ce qu'Ada propose à ses lectrices

Couverture du roman Ada, ou comment devenir une fantastibuleuse de Laëtitia KnopikAda a quarante ans et toute une vie à remettre d'aplomb. Entre une carrière prenante, un regard dur sur son corps et le poids des apparences, elle s'est peu à peu oubliée. Un événement inattendu la pousse à tout reconsidérer, et elle entame un voyage qui ne se mesure pas en kilos, mais en estime de soi. Au fil de rencontres inspirantes, de doutes et de rires, elle redécouvre la femme qu'elle est vraiment, imparfaite, sincère et profondément vivante. Vous trouverez sa présentation complète sur la page du roman Ada, quand accepter son corps devient une aventure intérieure. Parmi les retours que j'ai reçus, celui-ci résume ce que j'espérais offrir : « Un roman qui fait du bien tout simplement, qui redonne le sourire lorsqu'on se regarde dans une glace. » Je n'aurais pas osé l'écrire moi-même, mais c'est exactement le sourire devant le miroir que je souhaite à chaque lectrice, sans promesse miracle, simplement le temps d'une histoire.

La phrase que vous diriez à votre héroïne

Je vous propose, pour finir, une petite expérience. Pensez à l'héroïne de roman qui vous a le plus touchée, celle dont les doutes ressemblaient aux vôtres. Imaginez que vous puissiez lui écrire une phrase, une seule, au moment où elle se sent le plus mal. Que lui diriez-vous ? Probablement quelque chose de doux, de juste, d'encourageant : qu'elle vaut mieux que ce qu'elle croit, qu'elle a le droit de se tromper, que son corps n'est pas un ennemi. Maintenant, relisez cette phrase en l'adressant à vous-même. Ce petit exercice de bienveillance empruntée montre à quel point nous savons être généreuses envers les autres, et combien nous l'oublions pour nous. La fiction nous entraîne à cette douceur, page après page. Si l'envie vous prend de partager votre phrase, ou le nom de l'héroïne qui vous l'a inspirée, je serai touchée de la lire, et peut-être qu'Ada, un jour, fera partie de ces héroïnes à qui l'on a envie d'écrire.

La bienveillance empruntée, un aller et retourvousvotre héroïne1. Lui écrire une phrase douce2. La relire en se l'adressantvous valez mieux que vous ne le croyezNous savons être généreuses envers les autres ; la fiction nous apprend à l'être envers nous
La phrase que l'on offre à une héroïne fait un aller et retour, et nous revient comme un cadeau que l'on n'osait pas se faire.